[BD] Louis parmi les spectres (Fanny Britt, Isabelle Arsenault, 2016)

Louis a onze ans, une mère qui a peur de tout, un père qui pleure quand il boit et un petit frère obsédé par la soul américaine. Il rêve de déclarer son amour à Billie, une compagne de classe indépendante et solitaire. Mais dans la réalité, rien à faire : dès qu’il s’approche d’elle, Louis est tétanisé comme un clou rouillé. Aidé par sa famille, son fidèle ami Boris et les spectres du passé qui peuplent son monde intérieur, Louis découvrira la vraie définition du courage.

Magnifique bande dessinée où le texte, crayonné de façon délicate et aérienne, est intégré à l’image, ce qui crée un ensemble harmonieux et touchant. Il y est question d’amour, celui de Louis pour Billie,

« Je ne savais pas que l’amour c’est comme une roche qui nous explose le cœur, qui fait mal autant qu’il fait vivre, et qu’il donne envie de fuir en même temps qu’il nous empêche de le faire »,

celui des parents pour leurs enfants,

« Il paraît que les parents veulent toujours donner à leurs enfants ce qu’eux n’ont jamais eu. Un tricycle rouge, une chaîne stéréo, des vacances à la mer »,

d’amitié aussi, à travers les conseils de Boris, drôles et pleins de sagesse,

« Si tu y vas pas maintenant, tu iras jamais. Tu vas vivre avec la brûlure de la honte tout l’été ». « Merci, ça m’aide ». « De rien ».

La description de Truffe, petit frère de Louis, piqué par une abeille, force l’émotion dans la simplicité et le choix des mots :

« Il voulait pas la chasser, il voulait juste la flatter. […] Quand elle l’a piqué, il est resté silencieux quelques secondes, comme s’il pouvait pas comprendre qu’une petite bête aussi douce puisse lui faire aussi mal… »

La définition du rire de sa mère est attendrissante,

« comme un gloussement, comme une cuillerée de sirop d’érable »,

comme celle de sa voix quand elle l’autorise à s’acheter des « souliers de course » :

« Elle le dit avec une telle douceur, comme si elle parlait à une plante ou à un bébé chat, que je ne suis pas certain d’avoir tout compris ».

Le bavardage avec son frère est comique et percutant :

« Pourquoi ils ont arrêté de s’aimer ? » « Ils ont pas arrêté. C’est ça le problème ». « L’amour, c’est la liberté. » « La ferme, demi-portion ». « Ils l’ont dit l’autre jour, dans l’annonce de soupe. » « Bonne nuit ».

Même sa timidité maladive est amusante : en réponse à la question de Boris (« Tu sais ce que tu vas lui dire ? ») il imagine une page, couleur soleil, pleine de phrases poétiques à déclarer à son aimée, pour finalement déclarer :

« Salut-Billie-ça-va-ton-vélo-est-cool-ok-bye. »

Enfin, la dernière phrase est sage et pleine de promesses, le meilleur reste à venir :

« J’aurai bien le temps de lui dire tout le reste. Plus tard ».

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